(Ouvrir) les plus beaux livres

Exposition, Festival international du graphisme et de l'affiche de Chaumont 2010
Scénographie et réalisation

(Ouvrir) les plus beaux livres présentait la sélection des plus beaux livres français
dans le contexte particulier du festival international de l'affiche
et du graphisme de Chaumont et comme suite au deux travaux de scénographie
sur les expositions WYSIWYG,  s'appuyant déjà sur la difficulté de présenter un livre
à la fois pour son contenu et son contenant.
Le seul moyen de montrer un livre semble être… de montrer directement le livre.
Il fonctionne comme un organisme, et l'analyser, c'est à dire le décomposer
en petits éléments distincts annule son fonctionnement global. 
Si on dissèque une grenouille, on peut comprendre comment elle fonctionne,
mais la grenouille ne fonctionne plus.
Mettant en évidence ce paradoxe, l’ensemble de la conception de cette exposition
est pensé comme une performance, une expérience physique explorant
la matière concrète des livres et donnant lieu directement à une installation.
Les livres sont littéralement disséqués pour faire apparaitre leur structure,
grille, contenus, lecture, rythme, composition, matière, fabrication...
Cette dissection amoureuse révèle en creux le travail de l’auteur, du graphiste,
de l’éditeur, de l’imprimeur... et du lecteur.
Parallelement, cette disposition met en lumière la nécessité d'une manipulation
pour pouvoir réellement aborder l'objet-livre dans son intégralité.
Ce dispositif visant à une préparation du regard, le visiteur déambule dans
un premier espace présentant les livres «écorchés», analysés et démembrés
par un geste scientifique mais sacrilège, pour découvrir ensuite aux balcons
de l'étage supérieur les livres entiers et intacts, plus disponibles
que jamais pour une consultation... avec le regard "préparé".

Finalement, l'exposition revient à mettre le livre entre les mains du visiteur,
mais dans un cadre particulier qui dirige le regard sur certains aspects spécifiques.